De Axel Ardes, extait du journal 20minute :
Dans le centre culturel Jacques Prévert de Gagny, ville du 93, Chou est en train de filmer des couples dansant du funana, une danse traditionnelle originaire du Cap-Vert qui se pratique à deux. Nous sommes venus rendre visite à l'association Nostalgia di Cabo Verde, Nostalgie du Cap Vert en français. Les couples se séparent gentiment et, à la place d'une musique mielleuse zouko-cap-verdienne, un rythme saccadé fait vibrer le silence.
L'un des jeunes qui dansait de façon bien sage se met à avoir des hoquets de tout le corps. Ses jambes semblent se mouvoir seules. Il bouge tel un pantin, Pinocchio humain en manque d'amour tentant de séduire la femme qui se trouve à côté de lui. Je me demande aussitôt s'il s'agit de tecktonik? Nous interviewons.
Kes ce que C ? Tecas, un jeune homme d'origine angolaise me donne les premières indications. Il a 21 ans et vit en France depuis plusieurs années. « Le kuduro (prononcez : koudourou), est une musique qui vient d'Angola, dit- il. Elle a été créée en 1996 par Tony Amado qui a mélangé de la musique électronique et de la musique traditionnelle africaine. » Pendant que nous parlons, le jeune danseur-désarticulé est rejoint par des amis. Ils se mettent à bouger ensemble au même rythme dans un battle où se mêle défie, séduction et prouesse technique.
Kes kils font ? « La danse aussi a été créée par Tony Amado. Il parait qu'il avait vu Jean-Claude Van Damme dans un film, il dansait en étant complètement saoul. Il était tellement raide, on aurait dit qu'il avait le cul serré, d'où le nom de la danse kuduro qui veut dire, cul dur. En accélérant un peu la cadence ça donne ça », me dit-il en me montrant le groupe qui s'agite. Si la tecktonik sollicite surtout les bras, les mouvements des danseurs de kuduro se distinguent par leurs mouvements caractéristiques des jambes et du tronc qui ne sont pas sans rappeler par moment des danses africaines.
Esquema ? Le battle se finit après voir réalisé une « roda ». Comme dans une ronde, une personne seule vient au centre du cercle pour faire sa démonstration (cf. vidéo). Le petit groupe change de chorégraphie. Tous les spectateurs le rejoignent, emportés par la musique, ne contrôlant plus leurs corps. Quatre, puis douze, ils sont maintenant plus d'une vingtaine. Toutes les personnes sur plusieurs rangs font le même déplacement et le même pas en même temps. La température monte, Chou et moi nous nous mêlons au groupe en tentant d'imiter leurs gestes qui ressemblent à une sorte de Madison africain : l'esquema ( cf video).
Où le danse-t-on ? Pour
Nat, l'un des danseurs du groupe
NKM, qui me parle juste après le show, « l'Esquema, qui crée un effet de masse très visuel, est ce qui est en train de faire connaître cette danse dans les soirées ». Cette danse se répand dans les boîtes antillaises et en banlieue. Jusqu'où ira la vague ? Combien de victimes pour ce nouveau ksunami ? L'Acropole par exemple, lieu bien connu pour ses soirées VIP-tropical du vendredi et du samedi, propose déjà des moments koudourou. Des centaines de jeunes s'y déhanchent et se démantibulent au rythme de la vague K : un « débarkement » de killer pour ceux « ki kiffent » surfer sur la vague tueuse d'un groove tribal et électro.
En attendant,
Nat et ses copains se remettent à danser car il y a une compétition de « kuduro contre dancehall » qui est organisée par le Diamant d'or le 8 mars 2008. Pour l'instant le kuduro est le Kirikou de la danse urbaine, mais il deviendra grand. Ne le ratez pas !
Remarque : La soirée aura lieu le 5 AVRIL 2008 à Neuilly S/Marne et non le 8 Mars 2008 la soirée à étè remporté en raison de la rénovation de la salle, et c'est des groupes de Kuduro qui s'affrontent entre eux....Le Dancehall n'est pas de la partie pour cette soirée ci.Savourez !